| Street photography

STREET PHOTOGRAPHY OU PHOTOGRAPHIE DE RUE ... KESAKO ?
La photo de rue, candid photography ou street photography, est un type de photographie instantanée sur des sujets humains en situation vraie dans des lieux publics comme la rue et autres endroits urbains. La photographie de rue a souvent tendance à être humaniste, journalistique, humoristique ; et peut être distancée de son sujet ; elle se concentre souvent sur un instant humain décisif. D'un autre coté, beaucoup de photographes de rue prennent l'approche opposée et délivrent un regard très personnel du sujet.
STREET PHOTO UNE DEFINITION ?
Il est relativement difficile de donner une définition académique de la street photography, ou photographie de rue, en raison de l’infinie diversité de ce genre photographique ; cependant il est possible d’en discerner deux aspects majeurs :
- La photographie s’intéressant au paysage urbain en lui-même telles que la prise de ruelles désertes, de gratte-ciels, etc. Ce genre est particulièrement populaire aux Etats-Unis en raison des city de New-York, Chicago entre autres.
- L’aspect humaniste, le plus représentatif (en partie assimilable au photojournalisme et à la photographie humaniste), se concentre sur les scènes de vie; mouvements de foules, moments d’intimité, scénes du quotidien,… C’est dans cette catégorie que regroupent les plus grands noms de la street photography : Henri Cartier-Bresson, Garry Winogrand, Robert Doisneau, pour ne citer qu’eux.
Mais en dépit de ces différences le but reste le même ; la street photography cherche avant tout à faire passer un jugement sur la société au travers de prises de vue de prime apparence banales, à raconter une histoire. Ces jugements et ces sujets divergent d’un photographe à l’autre rendant la street photography aussi variée, on pourrait dire qu’il en existe autant de définitions qu’il existe de street photographers.
UN PEU D'HISTOIRE
L’histoire de la street photography est indissociable de celle de ses grands noms, ou plutôt n’existe qu’à travers eux ; aussi n’est-il possible d’en parler qu’à travers la vie de ces hommes.
Bien qu’elle existe depuis la popularisation de la photographie (notamment avec la sortie du Kodak de George Eastman en 1888, la mettant ainsi à la portée du plus grand nombre), la street photography n’est véritablement « née » que dans les années 1930-1940. Elle a commencé à être reconnue et appréciée du public grâce un photographe américain : Walker Evans (1903-1975), et notamment à son travail au sein du programme de la Farm Security Administration sur la Grande Dépression des années 1930 : Sa première exposition sur ce sujet au Museum of Modern Art à New-York en 1938 marque le début de la popularité de la street photography.
Cette popularité va aller en croissant dans les années 1940-1950, avec entre autres, les œuvres des deux photographes français Henri Cartier-Bresson (1908-2004) et Robert Doisneau (1918-1994), ainsi que plus tard du photographe américain Garry Winogrand (1928-1984). Nombreux sont ceux considérant Cartier–Bresson comme le « père » de la street photography en raison de la large contribution de son œuvre à la reconnaissance de celle-ci et en partie grâce à sa longévité lui ayant permis de suivre tous les bouleversements sociaux majeurs du Xxème siècle : ce photojournaliste a en effet photographié pendant des années la Seconde République Espagnole puis la libération de Paris, la mort de Gandhi, l’U.R.S.S., transmettant au monde la réalité de ces évenements au travers de photos de la vie quotidienne des gens.
Il a également donné un appui solide au développement de la street photography en fondant en 1947 la coopérative photographique Magnum Photo visant à permettre aux photographes de conserver leurs droits sur leurs clichés et regroupant de nombreux photojournalistes. (Une fondation portant son nom a été créée en 2003 afin de préserver son œuvre.)
Dès lors, la street photography à gagné en popularité, particulièrement durant les 30 Glorieuses et les innombrables évolutions sociales qu’elles impliquaient ; évolutions suivies entre autres par des street photographers américains tels que Robert Frank (1924) et William Klein (1928).
STREET PHOTO AUJOURD'HUI
Les progrès technologiques aidant (appareils point-and-shoot, smartphones, etc.), la street photography est désormais un genre reconnu et apprécié notamment grâce à la société de consommation et à la mondialisation dont les effets sur la vie quotidienne fournissent un sujet inépuisable pour les street photographers. Il est possible cependant que les médias comme la télévision et Internet, en retranscrivant directement les bouleversements sociaux, diminuent l’engouement pour ce genre. De plus, les restrictions légales (Droit à l’image) et la crainte de la réaction des gens photographiés peuvent rebuter les photographes amateurs. Cela entraîne également pour certains une polémique sur l’aspect éthique de la street photography. Nonobstant, la démarche humaniste de la photographie de rue laisse à penser, en cette période de crise, une future prise d’importance de ce genre dans la photographie. Je vous laisse découvrir dans le menu liens la vivacité actuelle de la photographie humaniste de rue.
DROIT A L'IMAGE
Vous n'avez pas le droit de diffuser les photos d'un individu sans son accord ; ce site est donc hors la loi. Sinon rien ne vous interdit de photographier dans les lieux publics mais les espaces privés (jardin, metro, voiture... ) restent interdits. Dans la pratique, la liberté d'expression artistique est elle plus importante que le droit à l'image ? Si la démarche est non commerciale, artistique, non dégradante pour la personne photographiée, les juges tendent à penser que oui.
QUELQUES CONSEILS ET TECHNIQUES
Il s'agit de saisir un instant décisif dans la rue sans se faire remarquer du sujet et ; si celui-ci vous remarque, ne pas subir ses foudres qui pourraient vous amener à effacer toutes vos photos devant lui.
C'est une question d'attitude : pour photographier dans la rue soyez "furtif" et "positif" !
Furtif, par votre gestuelle et votre comportement : le photographe de rue doit passer inaperçu.
Les mouvements brusques, les cadrages interminables, sont évidemment à bannir. Soyez naturel, à l'aise dans vos mouvements, anonyme dans la façon de vous comporter et vous deviendrez invisible. J'ai un boitier 5D qui n'est pas vraiment petit ou discret et travaille très souvent au 24mm ce qui implique que je suis à un ou deux mètres de la personne que je photographie et pourtant dans 90% des cas le déclenchement passe inaperçu.
Positif, parce que votre attitude reflète la perception que les autres ont de vous.
Si quand vous photographiez quelqu'un vous avez l'impression de violer son intimité, la personne le remarquera et se sentira agressée. En revanche, si vous ne vous cachez pas et déclenchez tout en souriant et en y prenant du plaisir, les gens tout autour de vous le ressentiront aussi et se prêteront au jeu. Ils seront même flattés d'être votre point d'attention.
Bien, vous êtes furtif et positif ;) vos réglages sont déjà prêts (le plus simple est sans doute de travailler en hyperfocale et une vitesse d'obturation supérieure à 1/125s pour figer l'instant ; mais rien n'est écrit : une pause au 1/30 s donne des filés de mouvement sur les piétons, et une ouverture inférieure à f2 permet d'isoler votre sujet) car vous n'aurez pas forcement le temps d'anticiper. L'instant que vous cherchez dans les rues ne vous laissera qu'à peine le temps de faire la mise au point et de composer votre cadre. Vous voilà donc dans la rue avec une focale entre 24 et 85 mm, idéalement 35 pour faire de la street photo. Même si la tentation est grande de travailler à distance avec un zoom, l'utilisation d'un grand angle donnera à vos images l'impression d'être dans l'action.
Pour faire de la "street photography" il ne vous reste plus qu'à appliquer les trois principales démarches du photographe de rue :
à l'approche
C'est sans doute la plus difficile mais la plus prenante, il vous suffit de marcher et d'observer, guetter ou anticiper l'instant qui pourrait se produire afin d'être assez rapide pour le saisir quand il est là. Souvent vous rentrerez bredouille, mais quand des instants rares ou des scènes de vie expressives se produisent ... En moins d'une seconde, choisissez l'angle et tirez !
street photo I
à l'affut
Vous avez reperé un paysage urbain particulièrement graphique, une affiche qui se prêterait à... Votre composition est prête ; il ne vous reste plus qu'à attendre le(s) personnage(s) en phase avec votre contexte. C'est sans doute plus facile mais avec un inconvénient notoire pour le photographe de rue pratiquant l'instantané : il faut du temps et de la patience.
street photo II
à courre
C'est cette fois le personnage qui fait l'action : que ce soit les jambes fuselées d'une jolie fille ou la "touche" improbable d'un passant ; vous avez repéré votre sujet il faut alors le suivre pour qu'il réalise un action "qui raconte" ou qu'il passe dans un contexte photogénique.
street photo III
Enjoy !
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